Sociétés matriarcales : et si on inversait les rôles ?

Une société où les femmes détiennent le pouvoir politique, économique, financier, familial, est-elle viable ? La parité y est-elle respectée ? Tour du monde de ces sociétés matriarcales.

  • Une société matriarcale, c’est quoi ?

Le terme matriarcat s’oppose au patriarcat, une société dans laquelle « l’homme exerce le pouvoir dans le domaine politique, économique, religieux », éclaire le Larousse. Cette forme d’organisation sociale induit que l’homme détient « le rôle dominant au sein de la famille, par rapport à la femme ».

Une société matriarcale, c’est l’inverse.

L’autorité parentale légale est exercée par la femme, « le père biologique n’a aucun droits sur l’enfant. La mère et non le père détient la propriété, c’est à dire le pouvoir réel : sur l’enfant, la maison, la terre, les richesses… », détaille un article du site Le mouvement matricien.

  • Comment fonctionnent-elles ?

On distingue trois types de ces sociétés. Une matrilinéaire, où la mère transmet son statut social, nom et héritage.

Une matrilocale, où l’époux vient habiter chez sa femme et où « l’autorité sur les enfants est exercée par les parents de la mère », indique Jean Cuisenier, professeur de philosophie et spécialiste de l’ethnologie.

Une matriarcale, une combinaison de matrilinéaire et matrilocale.

Certaines de ces sociétés sont aussi avunculaires : l’oncle maternel s’occupe des enfants, précise un article de Madmoizelle.

  • Où se trouvent ces sociétés et existent-elles encore ?

Ces formes d’organisation sociale s’éparpillent un peu partout sur le globe.

Des Moso sur un bateau. (Crédit photo : Neimon, flickr)
Des Moso sur un bateau. (Crédit photo : Neimon, flickr)

Na (ou Moso), Chine. Cette communauté de 30 000 individus se situe dans les contreforts de l’Himalaya. Elle est une des dernières sociétés matrilinéaires du monde, souligne un reportage d’Arte.

Dans la culture Na, un dicton affirme que « la part de l’homme dans la reproduction est comme l’action de la pluie sur l’herbe des prairies : elle fait pousser, sans plus », spécifie Sciences Humaines.

Concrètement, les hommes ne travaillent pas. Les femmes endossent ce rôle. La notion du mariage chez les Na est très éloignée de la nôtre. « La nuit, les hommes se glissent dans le lit des femmes des maisons alentours. Les uns comme les autres se font un devoir de n’être ni jaloux, ni fidèles », précise l’article.

Les femmes vivent leurs avec frères et les hommes avec leur sœur. Les enfants Na « ignorent, éventuellement, jusqu’au nom de leur père ». Leur système familial ne comprend aucun terme pour le désigner.

Une enfant Khasi sur les escaliers d'une cabane en bois. (Crédit photo : Karolin Klüppel)
Une enfant Khasi sur les escaliers d’une cabane en bois. (Crédit photo : Karolin Klüppel)

Khasi, Inde. Au sein de cette société, les gens prient pour avoir une fille. « Si les parents ont un garçon, vous entendrez des choses comme : « Bon, OK, ça va aller ». Mais si c’est une fille, ce sera une explosion de joie et des applaudissements », écrit Le Point.

« Une famille avec uniquement des fils est considérée comme malheureuse ici, car seules les filles peuvent assurer la continuité d’un clan », précise la photographe Karolin Klüppel 29 ans, qui a été hébergée par une famille Khasi pendant neuf mois.

La plus jeune fille de la famille deviendra la chef de famille, héritière des biens. Enfant, elle est épargnée des corvées domestiques. Elle ne décide pas de son futur, elle est obligée de poursuivre la tradition.

Les hommes n’héritent de rien et en cas de divorce ils perdent tout. Ils sont vus comme la « côte droite des femmes » selon une interprétation de l’Ancien Testament, assure l’article de Madmoizelle.

Les hommes travaillent dans les champs, ils gagnent deux fois plus que les femmes, qui restent à la maison. Quand elles travaillent, elles amènent leurs enfants. Leur deux salaires sont entièrement aux mains des épouses, qui gèrent les finances.

« Les femmes sont très respectées dans la culture Khasi. Ne pas les respecter, c’est nuire à la société », indique la photographe Karolin Klüppel.

Les Minangkabau. (Crédit photo : topindonesiaholidays)
Les Minangkabau. (Crédit photo : topindonesiaholidays)

Minangkabau, Sumatra. Les Minangkabau vivent dans une société matrilinéaire. Ils sont quelque huit millions, ce qui en fait la plus grande société matrilinéaire du monde.

Là-bas, la famille de la fille demande la main du garçon.

Gans, Burkina Faso. Les Gans sont matrilinéaires. Les 60 000 personnes qui y vivent sont appelés « le peuple qui chante » ou « les enfants de la forêt », d’après RFI.

Ils seraient originaires du Ghana actuel.

Il existe bien d’autres sociétés matriarcales, matrilinéaires ou matrilocales, qui vivent à l’écart de nos sociétés patriarcales. 

  • Le sexisme y est-il éradiqué ?

Les sociétés matriarcales ne sont pas dépourvues de sexisme. L’oppression existe dans certaines d’entre elles, tournée vers les hommes.

La société paritaire n’existe pas encore, où hommes et femmes seraient traitées de manière égale.

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s