5 choses à savoir sur les femmes aux Jeux Olympiques d’été

Quand les femmes ont-elles pu concourir aux Jeux Olympiques d’été ? Quelles ont été les premières épreuves féminines ? Qui s’est battu contre le sexisme ambiant ? Éléments de réponse.

  • Les femmes ont pu concourir pour la première fois en 1900
Charlotte Cooper et Margaret Abbott, les deux premières femmes à gagner une médaille d’or en tennis et golf. (Crédit photo : DR)
Charlotte Cooper et Margaret Abbott, les deux premières femmes à gagner une médaille d’or en tennis et golf. (Crédit photo : DR)

La première édition des Jeux Olympiques d’été de l’ère moderne, créé par le Français Pierre de Coubertin, a lieu en 1896 à Athènes. Pendant ces jeux, les athlètes féminines ne sont pas conviées.

A l’époque, on craint « qu’elles perdent leur féminité, qu’elles soient trop musclées ou encore qu’elles deviennent stériles », indique le Musée Olympique dans un rapport publié en 2013.

Les femmes réussissent à concourir aux Jeux Olympiques de 1900, tenus à Paris.

Elles sont seulement 22 sur 997 athlètes et ne peuvent participer qu’entièrement aux épreuves de tennis et de golf. Elles le peuvent de manière limitée à d’autres sports tels que l’équitation ou le croquet.

La participation des femmes au JO a pour longtemps été un sujet polémique. De nombreuses personnes, comme Pierre de Coubertin, le fondateur des jeux olympiques modernes et du Comité Internationale Olympique (CIO), pensaient que les femmes n’avaient pas leur place dans les jeux.

Il déclare, lors des JO de 1912 à Stockholm, que « les Jeux Olympiques doivent être réservés aux hommes. Le rôle des femmes est de mettre la couronne sur la tête des vainqueurs », signale Vice Sports.

Au fur et à mesure des années olympiques, les femmes peuvent concourir dans de plus en plus d’épreuves : natation en 1912, escrime en 1924, athlétisme en 1928, canoë en 1948…

Des femmes se battent pour pouvoir les intégrer. La plus reconnue se prénomme Alice Milliat.

  • Alice Milliat, créatrice française des Olympiades féminines
Alice Milliat. (Crédit photo : musée du sport)
Alice Milliat. (Crédit photo : musée du sport)

Alice Milliat, une sportive française spécialisée en aviron, milite au cours de la première moitié du XXème siècle pour la reconnaissance du sport féminin au niveau national et international.

Pour le développer, Alice Milliat fonde notamment la Fédération des sociétés féminines et sportives de France, en 1917, et l’Olympiade féminine, regroupant 13 épreuves d’athlétisme, en 1921.

Par la suite, elle réorganise plusieurs éditions, nommées cette fois Jeux Mondiaux féminins, une fois tous les quatre ans. Ces olympiades regroupent de plus en plus d’épreuves (athlétisme, handball, basket-ball) et de concourantes, soit près de 300 en 1922. Elles sont de plus en plus populaires.

Face à ce succès, le I.A.A.F (Association internationale des fédérations d’athlétisme) et le CIO se retrouvent contraints d’intégrer cinq épreuves d’athlétisme féminin (100m, 800m, hauteur, disque et 4x100m) aux Jeux d’Amsterdam de 1928. Pendant ces jeux, 21 nations envoient des athlètes féminines.

Alice Milliat continue d’organiser des jeux mondiaux, elle trouve le programme des JO d’Amsterdam trop restreint.

Elle organise des congrès internationaux pour continuer à développer le sport féminin avec des nouvelles disciplines et des règles standardisées.

Le parcours d’Alice Milliart montre qu’elle s’est battue pour faire reconnaître le sport féminin comme une réalité. Elle était en grande partie à l’origine de la participation des femmes dans des épreuves diverses des Jeux Olympiques d’été de l’ère moderne.

Après sa mort en 1955, un long chemin a dû être accompli étant donné que. Ce n’est qu’en 2012 que les femmes ont pu participer à toutes les épreuves de JO d’été.

  • Les JO de Londres de 2012 étaient les Jeux des femmes

Les JO de 2012 peuvent être vu comme les jeux des femmes sous différents angles.

Les athlètes féminines concourent dans les 26 sports olympiques. « Grâce à l’admission de la boxe féminine au programme de Jeux Olympiques de 2012 à Londres, les femmes participent à tous les sports. C’est une première dans l’olympisme », précise Jacques Rogge, huitième président du Comité International Olympique.

Des femmes se retrouvent dans toutes les délégations. « Les 205 pays participants ont envoyé des athlètes femmes à Londres, y compris des pays qui l’ont fait pour la première fois, comme l’Arabie Saoudite », souligne un article de Slate.

Les athlètes saoudiennes peuvent y participer seulement sous certaines conditions. Le responsable du sport du royaume d’Arabie Saoudite annonce qu’elles  doivent « s’engager à respecter trois règles : être habillée selon les normes de la charia qui interdit la nudité, avoir l’accord d’un proche parent et être accompagné de lui », signale Agoravox.

Concernant la judokate saoudienne Wodjan Ali Seraj Abdulrahim Shahrkhani, la question du port du voile avait suscité de nombreuses polémiques notamment par rapport au risque de strangulation sur le tatami. Après avoir insisté auprès la fédération internationale de judo, la judokate a pu concourir voilée.

D’un point de vue statistique, les JO de Londres s’approchent de l’égalité parfaite homme-femme. Avec 44% d’athlètes féminines, la parité est presque obtenue.

La délégation olympique américaine de 2012 comprend 269 femmes parmi les 530 athlètes. Autrement dit, les athlètes américains sont moins nombreux que les américaines au JO de Londres.

  • Mais le sexisme réside toujours aux JO
Laura Flessel, porte-drapeau de la France en 2012. (Crédit photo : Reuters)
Laura Flessel, porte-drapeau de la France en 2012. (Crédit photo : Reuters)

Les statistiques représentant la participation des femmes au Jeux Olympiques semblent plutôt satisfaisants. Depuis 2004, 40% des participants sont des femmes. Toutefois, le sexisme persiste.

Le porte-drapeau semble être un rôle masculin. Depuis 1986, seules trois femmes ont été la porte-drapeau de la délégation française. La nageuse Christine Caron, l’athlète Marie-José Pérec et l’escrimeuse Laura Flessel se sont emparées d’un des privilèges masculins, respectivement en 1968, 1996 et 2012.

Les hommes et les femmes ne sont pas traités de la même manière. D’une manière générale, le budget pour les hommes est supérieur à celui pour les femmes, notamment concernant les transports.

En 2012, les footballeuses japonaises et basketteuses australiennes ont voyagé en classe économique tandis que leurs collègues masculins ont voyagé en business. Lorsque les athlètes japonaises ont remporté la médaille d’argent, elles ont voyagé en business pour le retour.

En plus de ne pas avoir les même droits que les hommes, les athlètes femmes doivent également faire face aux journalistes et sportifs sexistes.

David Douillet, l’ex judoka français, a affirmé en 1998 que pour lui, « une femme qui se bat au judo ce n’est pas quelque chose de naturel, de valorisant. Pour l’équilibre des enfants, […] la femme est mieux au foyer », rapporte Marie-Claire. 

Pierre Ménès, un journaliste sportif, a également fait preuve de mentalité sexiste avec ses propos sur le basket féminin. « Je veux bien que ce soit attractif mais pour voir une gonzesse dunker [marquer un panier au basket en sautant pour projeter le ballon dans l’arceau, à une ou deux mains], faut se lever de bonne heure… », rapporte Acrimed.

Les médias contribuent au sexisme. Ils ont plus tendance à mettre en valeur les exploits masculins que ceux des athlètes féminines, même si des progrès ont été fait notamment grâce aux réseaux sociaux.

Le sexisme par les médias peut être « symptomatique d’une discrimination plus large contre les femmes dans le sport », précise la secrétaire d’État aux JO de Londres, Tessa Jowell, concernant le déséquilibre hommes/femmes d’un point de vue statistique.

  • De nombreuses critiques concernant le physique des athlètes femmes

Les athlètes doivent faire face aux nombreuses critiques concernant leur physique.

En 2013, Pierre Ménès a comparé les joueuses de foot des années 1980 à « des grosses dondons qui étaient certainement trop moches pour aller en boîte le samedi soir », selon le magasine Marie Claire.

L’athlète britannique en haltérophilie, Zoe Smith, a également reçu de nombreux commentaires sur son poids et sur le choix de son sport.

Pour faire taire les mentalités sexistes, elle a répondu à ses détracteurs : « On ne soulève pas des poids pour être sexy, spécialement pour des mecs comme ça. Qu’est-ce qui leur fait penser que nous VOULONS qu’ils nous trouvent attirantes ? […] Qu’est-ce que vous voulez qu’on fasse ? Qu’on arrête de soulever des poids, qu’on change notre régime pour nous débarrasser de nos muscles « masculins » et qu’on devienne des femmes au foyer dans l’espoir qu’un jour vous nous remarquiez et peut-être qu’on aura notre chance avec vous ?! Parce que, clairement, vous êtes le type d’homme le plus gentil et attirant qui ait jamais marché sur Terre. »

Fannie Moussiegt

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