Lèvres, cuisses, seins, vagin… Le diktat des challenges sur les réseaux sociaux

L’obsession de la beauté à tout prix s’amplifie avec les réseaux sociaux. Chaque partie du corps trouve un défi lui concernant. Quels sont-ils ? Comment influencent-ils les femmes ? Décryptage.

  • Le Panty challenge

Le défi le plus récent émergeant des réseaux sociaux se prénomme le Panty challenge. Il consiste à prendre sa culotte en photo pour prouver qu’elle est propre. En d’autres termes, s’il y a des sécrétions vaginales, c’est que la femme est sale.

Peu de personnes se sont prêtées sérieusement au jeu, la plupart le détourne. Pourquoi ? Les sécrétions vaginales, également appelées pertes blanches, sont tout à fait normales.

« Les sécrétions vaginales quotidiennes, ou leucorrhées, sont des pertes vaginales normales assurant la lubrification et l’hydratation du vagin ainsi que son nettoyage », éclaire le site Top Santé.

Avoir une culotte immaculée en fin de journée est davantage synonyme de sécheresse que de propreté.

  • Le A4 Challenge

Le A4 waist Challenge fait partie de la gamme des défis minceurs. Le but est de réussir à cacher son ventre derrière une feuille A4. Si la femme n’y arrive pas, c’est qu’elle est trop épaisse.

Comme plusieurs challenge, le défi de la feuille A4 a émergé sur le réseau social chinois Weibo. Il incite les personnes à penser qu’avoir une taille très fine signifie taille idéale.

Ce n’est pas le cas. « Le (gros) problème, c’est que le tour de taille moyen d’une femme est de 80cm, ce qui fait entre 35 et 40cm vu de face, alors qu’une feuille de papier fait 21cm de largeur. Le Paper Challenge célèbre donc un idéal beauté quasiment impossible à atteindre », rappelle le magazine Cosmopolitan.

  • Le iPhone 6 Knees challenge

Pour réussir le défi du genou, il faut déjà posséder un iPhone 6. Une fois le smartphone en possession, posez le sur vos genoux. S’ils dépassent, c’est que vous êtes (encore une fois) trop grosse.

Le iPhone 6 Knees Challenge est né sur Weibo. Il impose un standard de beauté absurde puisque basé sur la taille d’un téléphone, mesurant 13.8 centimètres.

Non sans surprise, le défi a vite été détourné sur les réseaux sociaux.

  • Le thigh gap challenge

C’est un des premiers défis à avoir émergé sur les réseaux sociaux. Le thigh gap challenge promeut l’écart entre les cuisses d’une femme. Moins les cuisses se touchent, une fois serrées, mieux c’est.

Ce défi symbolise le culte de la maigreur absolue. Vidéos sur YouTube, Tumblr dédiés, comptes Instagram… de nombreux conseils sont prodigués, régulièrement accompagnés de phrases qui se veulent motivantes.

Ce thigh gap challenge peut être dangereux pour les jeunes adolescentes prêtes à s’engager dans des régimes stricts inappropriés.

  • Le underboob challenge

Le underboob challenge consiste à faire tenir un crayon, ou un livre, sous son sein. Si on y arrive, c’est que notre poitrine est assez grosse.

Si tel n’est pas le cas, vous êtes considérée comme mal foutue. Des comptes Snapchat et Twitter ont été créé pour rassembler les plus beaux clichés.

Ce défi du sein est une (nouvelle) manière de faire complexer les femmes possédant une petite poitrine. Il « réduit la féminité à la forme du corps, suggérant ainsi que seules les “vraies femmes” peuvent tenir des crayons sous leurs seins », écrit une journaliste pour Konbini.

  • Le collarbone challenge

Comment prouver qu’une femme est assez mince ? En plaçant des pièces sur l’os de sa clavicule. Ce concept est celui du collarbone challenge, venu de Chine. 

Les internautes ont vivement réagi à ce défi, le détournant pour le ridiculiser. Certaines se sont prises en photo avec des confiseries, des pots, du dentifrice, des boîtes de conserve… à la place des pièces de monnaie.

  • Le belly button challenge

Aucune partie du corps n’est épargnée. Le but de ce belly button challenge est de toucher son nombril en passant son bras derrière son dos afin, une fois de plus, d’afficher sur les réseaux sociaux sa maigreur.

Un défi absurde qui présente certains risques. « Des médecins ont mis en garde sur un éventuel risque de luxation de l’épaule. D’autres experts ont vu dans ce geste une apologie de la maigreur excessive, une stigmatisation des obèses, ou une « perversion » des canons esthétiques chinois [d’où provient le défi] », signale un article de BFMTV.

  • Le Kylie Jenner Challenge

Le Kylie Jenner challenge, du nom de la demi-sœur de Kim Kardashian et star des réseaux sociaux, concerne les lèvres, qui doivent être pulpeuses. Les personnes testant le défi les gonflent en les emprisonnant à l’intérieur d’un goulot puis en aspirant quelques secondes. Résultat ? Les lèvres doublent de volume, et explosent parfois.

Ce challenge est issu d’une question : comment Kylie Jenner est passée de lèvres fines à une bouche pulpeuses en quelques mois ? La jeune modèle de 18 ans niait à l’époque avoir eu recours à la chirurgie. Les internautes l’ont ainsi imitée, à moindre frais.

Machine à complexes

Trop de si, pas assez de ça… Ces défis sont une machine à complexes, déjà favorisés par les diktats imposés par les magazines, publicités et autres.

La majorité d’entre eux concerne la minceur, vraisemblablement primordiale en vue du nombre d’injonctions que véhiculent les médias. Ils « ont joué un rôle significatif dans la transmission des normes et des valeurs relatives à la minceur, contribuant à l’affaiblissement de la confiance en soi des femmes et à l’augmentation du nombre de femmes insatisfaites de leur image, ainsi que des troubles alimentaires. La manière dont des standards de beauté irréalistes et inatteignables affectent directement l’estime de soi des femmes et des filles nous inquiète », dénonce Lisa Moore, qui travaille pour la Women’s Foundation, au South China Morning Post.

Cette tendance à la maigreur se retrouve dans la mode « healthy ». Des clichés mettant en scène des femmes minces, musclées, ayant une alimentation saine, pullulent sur les réseaux sociaux, notamment sur Instagram. « Une nouvelle menace nommée « activewear », qui conduit les jeunes Américains à consacrer désormais 28% de leur budget chiffons aux vêtements de sport, contre 6% en 2008, écrit une journaliste pour Causette. Dans ce court laps de temps, le modèle de corps féminin idéal a bien changé. Ou plutôt, il s’est encore complexifié. »

En d’autres termes, une nouvelle manière d’imposer des standards de beauté.

Lauriane Sandrini

Publicités

Laisser un commentaire

Entrez vos coordonnées ci-dessous ou cliquez sur une icône pour vous connecter:

Logo WordPress.com

Vous commentez à l'aide de votre compte WordPress.com. Déconnexion / Changer )

Image Twitter

Vous commentez à l'aide de votre compte Twitter. Déconnexion / Changer )

Photo Facebook

Vous commentez à l'aide de votre compte Facebook. Déconnexion / Changer )

Photo Google+

Vous commentez à l'aide de votre compte Google+. Déconnexion / Changer )

Connexion à %s